Visages de Yaël Perlman, Chen-Huei Sun et Didier Benoist

// Les installations

Une sculpture en mouvement composée de téléphones portables forme

un visage hybride. Au gré des plans, le portrait se métamorphose.

Parallèlement, des écouteurs produisent un ensemble de voix, une

“symphonie larsenique”.

« Comment décrire le visage d’une personne par des formules certaines de sorte qu’il puisse être reconnu par n’importe qui . Par n’importe qui donc aussi par une machine. »

Harun Farocki, Image du monde et inscription de la guerre , 1988

Cette sculpture vidéo invite à l’expérience d’un face à face entre des visages morcelés et des spectateurs chargés de les recomposer. De ces visages émanent une quantité de voix, qui forcent le spectateur à se rapprocher, comme pour mieux entendre ce qui se dit. Dans un double mouvement de répulsion et d’attirance, le regard cherche à reconnaître, c’est-à-dire à constituer la part humaine face à lui. La part ou l’écho. Car la question finalement que pose Visages n’est pas de savoir s’il y a ou non voix ou visages, mais plutôt de déterminer sous quelles conditions ces derniers nous parlent (encore). La réponse ne saurait résider que dans le regard du spectateur, seul arbitre de ce qu’il reconnaît, seul témoin de ce qui le regarde.